Cavage

Le Cavage ou Epreuves pour chiens truffiers. Le cavage, action de caver, du verbe Latin CAVARE qui signifie « creuser » (définition du Petit Larousse) est le terme officiel employé pour désigner la recherche de la truffe.
Depuis des siècles, ce mystérieux tubercule auquel on attribue, en plus de son parfum et de sa saveur, beaucoup de vertus, dont la moindre n’est pas d’être aphrodisiaque, est l’objet de convoitises.
Le parfum de la truffe en pleine maturité, qui s’échappe du sol, permet d’en découvrir l’émettrice à condition d’humer la terre en se baissant à quatre pattes, reconnaissez que c’est là une situation peu confortable.
Malgré l’intuition, l’observation et l’expérience acquise, la récolte n’est pas abondante, beaucoup de truffes se perdent et pourrissent dans la terre. L’idée de s’adjoindre des auxiliaires dont les facultés olfactives ne sont plus à démontrer, disponibles à tout moment, à germer dans l’esprit des hommes.
Deux animaux, élevés dans les fermes et domestiqués pour des raisons tout à fait différentes, sont susceptibles d’accomplir cette tâche : le cochon et le chien. Ici nous porterons notre intérêt sur le chien.
Après des dizaines et des dizaines d’années d’utilisation du chien, de façon anonyme et souvent secrète, les « caveurs » dont beaucoup sont les fermières Périgourdines ou Lotoises acceptent une confrontation amicale à l’invitation de la Société Canine de la Dordogne.
En 1969 une ébauche de règlement est créée et un embryon de concours de cavage voit le jour. Le dressage que je ne peux évoquer ici car trop long à décrire est quelque peu différent pour chaque caveuret surtout il doit être adapté à la physiologie de chaque sujet.
Deux axes essentiels doivent être réalisés par le chien : acquérir la passion de la recherche de ce parfum si particulier puis continuer cette première étape jusqu’au marquage, c’est-à-dire obtenir, de lui, de donner un coup de patte, « de marquer » la présence d’une truffe là où les émanations sont les plus fortes. Le chien étant au point, le moment est venu de vérifier les capacités acquises et d’avoir la confirmation, sur des truffières spontanées ou naturelles, de l’assimilation du dressage. Le cœur battant, on prend la provision de récompenses. Le chien, du coin de l’œil, suit les préparatifs, remue la queue, s’étire, il sait qu’on va partir. Le piochon est prêt, nous y allons ! Il renifle à droite, à gauche, se détend pendant qu’on enfile les bottes et la vue des récompenses mises dans la poche lui indique la mise en pratique des leçons reçues « Cherche la Truffe ! » Tout à coup, le museau se rapproche de la terre, les narines se dilatent, la queue se balance, il renifle plus rapidement, l’odeur est perçue et accusée. Il avance lentement, les mouvements latéraux de son nez utiles à déterminer l’endroit précis diminuent d’amplitude et enfin s’arrêtent complètement. Le repérage est fait. Le marquage, de la patte, suit presque aussitôt. Délicatement, le piochon racle la surface du sol, de plus en plus profond, jusqu’à l’apparition de l’objet de convoitise, qui est là, endormi dans sa terre nourricière. La joie éclate ! On l’extrait. On la fait sentir au chien qui attend sa récompense. Elle arrive, plus copieuse que d’habitude (pour la première fois, ça va … mais … attention à la ligne !). Le retour de cette première sortie sera triomphal ! Le film de cette journée défile et repasse dans la tête quand, le soir, on laisse vagabonder son esprit, les jambes étendues vers le feu de bois aux flammes dansantes. Lorsque dans l’euphorie et la douce quiétude qui suivent un repas amical, les confidences sont à fleur de lèvres, que de satisfaction, que de fierté aussi on éprouve en montrant le trophée pieusement conservé dans son petit bocal.